PSAUME 2, 1-5

 
1 Pourquoi les nations ont-elles frémi, * et les peuples ont-ils formé de vains desseins??
2 Les rois de la terre se sont levés, et les princes se sont assemblés * contre le Seigneur et contre Son Christ.
3 Rompons leurs liens, * et jetons loin de nous leur joug.
4 Celui qui habite dans les cieux Se rira d’eux, * et le Seigneur Se moquera d’eux.
5 Alors Il leur parlera dans Sa colère, * et Il les épouvantera dans Sa fureur.
 
Méditation du psaume 2,1-5. Par saint Charles de Foucauld.
 
Mon Dieu que Vous êtes bon ! Pour le bien de notre âme, pour nous rendre humbles, pour nous faire Vous chercher, pour nous apprendre le prix de Votre présence, pour nous rendre fervents, Vous nous laissez parfois, peut-être très souvent dans les sécheresses et les ténèbres : tout nous est pénible sur la terre, et la terre parce que nous lui avons dit adieu pour toujours et que nous ne voulons absolument plus d'elle, et Vous-même parce que Vous Vous cachez de nous : prière, offices, oraison, sainte communion, tout nous pèse, tout nous coûte, même de Vous dire que nous Vous aimons... Nous sentons douloureusement notre misère, notre froideur, il nous semble qu'il y a un grand chaos entre Vous et nous, que Vous nous regardez d'un visage sévère, et nous nous demandons où nous en sommes, où nous allons, il nous semble que nous nous enfonçons dans ces sables mouvants d'où l'on ne sort pas... Mais, mon Dieu que Vous êtes bon : alors Vous nous criez « Cherche-toi en Moi » et Vous nous présentez une ancre solide à laquelle nous pouvons attacher notre joie et l'y attacher de telle sorte que rien ne puisse nous la ravir, même aux portes de l'enfer : cette ancre c'est la joie de Votre bonheur, la joie de Votre béatitude infinie. Que je sois mauvais, misérable, ingrat, froid, sans amour, damné même, qu'importe après tout : cela ne Vous fait plus souffrir, mon Dieu : rien ne peut plus Vous faire souffrir : Vous êtes heureux pour l'éternité : Vous êtes heureux et c'est tout ce qu'il me faut. Vous êtes heureux, donc je suis bienheureux. Vous êtes heureux, donc rien ne me manque. Vous êtes heureux, ô mon Dieu, me voilà dans la joie... Que m'importe ce que je suis, ce que je serai, je suis bienheureux, mon Seigneur et mon Dieu, parce que c'est Vous que j'aime et non pas moi : c'est en Vous qu'est établi mon égoïsme : puisque Vous êtes heureux qu'ai-je à penser à moi ni aux hommes : je me perds dans la contemplation de Votre bonheur, ô mon bien-aimé... Je m'oublie, je me perds en Vous, je Vous regarde heureux au ciel, heureux au tabernacle, bon ou mauvais, quel que je sois, Vous êtes heureux, ô mon amour, rien ne peut Vous arracher Votre bonheur, rien par conséquent ne peut m'ôter le mien. Je n'ai qu'à Vous regarder en me répétant que Vous êtes heureux, je puis bégayer si j'en ai la force le Regina cœli lætare ou épeler sur mon chapelet les mystères glorieux, ou me perdre à Vos pieds dans la contemplation bienheureuse de cette félicité où Vous êtes et que mes offenses ne peuvent Vous ôter... S'oublier soi-même dans la joie de Votre gloire c'est ce que nous apprennent les premiers versets de ce psaume : « Les nations ont frémi, les peuples ont médité des insanités - les princes se sont assemblés, les rois se sont réunis - contre le Seigneur et contre son Christ... Mais Celui qui est aux cieux se rit d'eux, et le Seigneur se raille d'eux... »… Oui mon Dieu, Vous êtes aux cieux, Vous êtes Dieu, Vous êtes Seigneur, Vous êtes infiniment puissant et infiniment heureux, les offenses des hommes, mes misères ne peuvent Vous atteindre, rien ne trouble le sourire de la bienheureuse et toujours tranquille Trinité, et la pensée de Votre bonheur que rien ne peut Vous ôter, cette pensée qu'inspirent les premiers versets de ce psaume est une des plus grandes grâces que Vous nous fassiez ici-bas : c'est donner à notre joie un fondement que rien ne peut lui ravir, c'est nous donner une consolation toujours prête dans toutes nos peines et un avant-goût du bonheur des élus... Mon Dieu que Vous êtes bon de nous faire cette faveur infinie !
Joie et confiance... Joie du bonheur de Dieu : joie de la vue de cette belle image de l'immuable félicité de Dieu « Celui qui est aux cieux se rit d'eux et le Seigneur se raille d’eux ». Et en même temps confiance, confiance dans la puissance de Dieu qui nous aime, qui nous protège et dont ce même vers exprime si bien la souveraine force... Que peuvent contre nous soit les hommes, soit les démons ? Ils ne feront jamais que ce que Dieu leur permettra. « Celui qui est dans les cieux se rit d’eux. » Courage donc et confiance : rien ne nous arrivera qu’avec la permission de notre bien-aimé, de notre Époux, de Celui à qui nous nous sommes donnés, qui nous a choisis pour être à Lui, qui nous a comblés de tant de grâces et qui a dit : « Tout ce qui arrive pour le bien des élus » - et joie. Notre bien-aimé est éternellement bienheureux.
 
NOTES PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

PSAUME 2, 6-fin.

6 Pour Moi, j’ai été établi Roi par Lui sur Sion, sa montagne sainte, * afin d’annoncer son décret.
7 Le Seigneur m’a dit?: * Tu es mon Fils?; Je T’ai engendré aujourd’hui.
8 Demande-Moi et je Te donnerai les nations pour ton héritage, * et pour ton domaine les extrémités de la terre.
 
Méditation du psaume 1, 5-fin, par saint Charles de Foucauld.
 
Mon Dieu que Vous êtes bon de nous parler de Votre Fils dès l'Ancien Testament... Nous voici au temps de David : et déjà Vous annoncez l'Évangile : le Seigneur m'a dit : tu es mon Fils, Je t'ai engendré aujourd'hui... Et non seulement Vous nous parlez de la génération éternelle de Votre Verbe, mais Vous nous réjouissez en nous apprenant que le règne de Jésus n'aura pas de fin : Je te donnerai pour possession les confins de la terre : tu les régiras avec une force souveraine... Et après nous avoir révélé une partie du mystère de la sainte Trinité, après nous avoir mis dans une joie parfaite en nous annonçant les gloires du Christ, ce n'est pas encore assez pour Votre cœur : il faut que la dernière parole du psaume soit ce mot d'une douceur infinie : « Bienheureux ceux qui ont confiance en moi ! » ... Il suffit donc, pour ainsi dire, d'avoir confiance en Vous pour être bienheureux au dernier jour : l'amour continu dans cette humble confiance suffira pour nous obtenir les grâces nécessaires pour mourir dans Votre paix ! Oh douce parole! Mon Dieu que Vous êtes bon...
Servez le Seigneur dans la crainte, exultez en Lui avec tremblement, embrassez la discipline... Voilà trois graves avis que Vous nous donnez, mon Dieu : ... Servir Dieu de tout notre cœur et en Le craignant, en Le craignant comme on craint ce qu’on redoute, car c'est notre juge... En le craignant surtout comme on craint ce qu’on aime ; on ne craint rien tant que ce qu'on aime : et plus on aime, plus on craint : on craint tant d'offenser, tant de faire de la peine, tant de déplaire, tant de mal servir, tant de ne pas faire tout le plaisir possible, tant de ne pas servir aussi bien que possible, de ne pas rendre tous les services possibles, tant de ne pas plaire, tant de ne pas plaire le plus possible, de ne pas donner toutes les marques d'amour possibles, de ne pas assez aimer ; on craint aussi parce qu'on respecte, et on respecte tant quand on aime!... Exultez en Lui ; oui, jubilons en Lui ; Dieu est heureux, heureux pour l'éternité, rien ne Lui manque, ne Lui manquera jamais ; si nous L'aimons, nous sommes heureux par son bonheur ; rien ne Lui manquant, rien ne nous manque... Oublions-nous, ne nous regardons pas : que nous soyons misérables, indignes, mauvais, n'y pensons pas, n'ayons pas un regard pour nous ; ne regardons que notre Bien-aimé ; Il est bienheureux ; jubilons, exultons de joie, perdons-nous en Lui dans le bonheur de Sa félicité ; s'oublier et se perdre en Dieu dans la contemplation et la jubilation de Son bonheur... Embrasser la discipline ; se faire une règle, embrasser une règle ; chercher comment nous glorifierons le plus Dieu, Lui demander comment Il veut que nous le servions... Et quand Il nous a répondu, tracer notre règle de vie conformément à Sa volonté, l'embrasser d'une main ferme et ne pas nous en détacher un seul instant : c'est la Volonté de Dieu pour nous c'est inviolable ; tout manquement est un manque d'amour ; toute faute contre notre programme, ce programme voulu de Dieu, est une désobéissance à Dieu, un éloignement volontaire de Sa volonté, une infidélité, un péché contre l'amour que nous devons à notre Bien-Aimé. Il veut de nous une chose, nous refusons de la faire ; Il nous demande une chose, nous ne la Lui donnons pas. Il nous dit qu'une chose Lui plaît, nous ne la faisons pas.
 
 
NOTES PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




 

PSAUME 3, 1-4

 
1 Psaume de David lorsqu’il fuyait devant Absalom son fils.
2 Seigneur, pourquoi ceux qui me persécutent se sont-ils multipliés?? * Une multitude s’élève contre moi.
3 Beaucoup disent à mon âme?: * Il n’y a pas de salut pour elle dans son Dieu.
4 Mais Vous, Seigneur, Vous êtes mon protecteur et ma gloire, * et Vous relevez ma tête.
 
Méditation du psaume 3,1-4. Par saint Charles de Foucauld.
 
Mon Dieu que Vous êtes bon de nous avoir donné dans les psaumes une si vivante expression des combats de notre âme et une si consolante image des victoires qu'elle remporte toujours quand elle s'appuie sur Vous ... Comme c'est vrai, comme c'est consolant, fortifiant ! « Seigneur combien se sont multipliés ceux qui me tourmentent : beaucoup se dressent contre moi » ... Que c'est vrai ! Que je le sens chaque jour ! ... Comme j'aime bien à répéter vos paroles tous les jours, même à toute heure ! Et hélas ces ennemis sont si acharnés qu'ils espèrent, non sans raison, me décourager : « Beaucoup disaient à mon âme : tu n'as pas de salut en ton Dieu. » Comme cette voix du découragement retentit souvent à notre oreille ... Comme c'est bien là notre plainte quotidienne ... Mais ensuite, mon Dieu, votre psaume me console : avec quelle force, il reprend, il répond aux ennemis de mon âme : « Mais Vous, Seigneur, Vous êtes mon soutien, Vous êtes ma gloire, Vous redressez ma tête. J'ai crié au Seigneur et Il m'a exaucé de sa montagne sainte. » Que c'est consolant, que c'est soutenant. Quelle confiance respirent ces mots ... Mon Dieu que Vous êtes bon d'avoir inspiré ces prières pour les mettre toute notre vie sur nos lèvres.
Faisons ce que nous dit le dernier de ces quatre versets quand nos ennemis se dressent contre nous, ne combattons pas seuls ; nous sommes de tristes soldats ; appelons tout de suite Dieu à notre aide ; crions au Seigneur ; il nous exaucera de sa montagne sainte ... C'est le principal artifice du démon de nous distraire à tel point par ses attaques que nous ne pensons pas à appeler Dieu à notre secours ... Le diable tâche d'abord de nous rendre muets comme les possédés de l'Évangile ... et alors il a beau jeu pour nous tourmenter : nous sommes si faibles quand nous sommes seuls ... Demandons souvent dans la prière la grâce d'invoquer Dieu dans la tentation : les tentations se dissipent souvent si vite quand on crie au Seigneur : et quand nos esprits obscurcis cherchent à résister par leurs propres forces sans appeler la seule vraie force, les tentations durent si longtemps et sont si dangereuses, peuvent si facilement nous faire tomber, et tomber si bas. Donc, premier enseignement : avoir grand soin de crier à Dieu dans toutes les tentations, dès le début et tant qu'elles durent ; et demander souvent à Dieu de nous inspirer de Le prier dès que nous sommes tentés et d'écarter de nous cet esprit muet qui nous saisit quand nous sommes tentés ... Deuxième enseignement : si nous sommes tentés de découragement répondre de tout notre cœur : « Le Seigneur est mon soutien, ma gloire : Il saura me faire lever la tête ! »
 
 
 
NOTES PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

PSAUME 3, 5-fin.

5 De ma voix j’ai crié vers le Seigneur, * et Il m’a exaucé du haut de Sa montagne sainte.
6 Je me suis endormi, et j’ai été assoupi?; * et je me suis levé, parce que le Seigneur a été mon soutien.
7 Je ne craindrai point les milliers d’hommes du peuple qui m’environnent. * Levez-Vous, Seigneur?; sauvez-moi, mon Dieu.
8 Car Vous avez frappé tous ceux qui s’opposaient à moi sans raison?; * Vous avez brisé les dents des pécheurs.
9 Le salut vient du Seigneur?; * et c’est Vous qui bénissez Votre peuple.
 
Méditation du psaume 3, 5-fin, par saint Charles de Foucauld.
 
 
Mon Dieu, que Vous êtes bon d'avoir inspiré ces paroles si divinement consolantes ! Quelle force elles ont pour consoler, fortifier, puisque ce sont non des paroles humaines, mais Vos paroles à Vous, ô Esprit Saint ! ... C'est vous, ô Esprit Saint, qui faites dire à David, qui me faites dire : « J'ai dormi et j'ai été somnolent » ... Hélas, que c'est vrai, je me suis lamentablement endormi dans le chemin du bien : j'ai été somnolent dans la pratique des vertus ; au lieu d'être un feu ardent à votre service, comme les anges, j’ai été froid et endormi ... « Mais je me suis éveillé, car Dieu m’a pris par la main » ... Oui, ce sommeil je puis m'en éveiller, non par moi-même, mais par la grâce de Dieu, qui est si bon et si fort, et qui ne cesse de m'exciter. Confiance, donc ... Si misérable que je sois, je puis sortir de ma torpeur : Dieu est là qui m'y appelle et qui me tend la main : Le voici qui m'éveille ... Et je n'ai rien à craindre : courage ! « Je ne craindrais pas mille ennemis assemblés autour de moi ; levez-vous, Seigneur, sauvez-moi, mon Dieu. » Le Seigneur est là pour me défendre que craindrai-je avec Lui, que ne puis-je pas avec son aide ? ... « Seigneur, vous avez abattu mes adversaires ... En Dieu est le salut : et sa bénédiction est sur son peuple. » ... Quelle confiance dans tous ces mots. C'est le psaume du pécheur qui est entouré de tentations, que le démon essaie de décourager, qui s'est même endormi dans la voie du bien, et laissé aller au sommeil spirituel, à la torpeur, à l'engourdissement. Mais la grâce de Dieu l'éveillé ; il sent Dieu près de lui. Il n'a plus peur ; il prend confiance. Il se jette courageusement au combat, défiant tous ses ennemis et disant : Vous Seigneur, Vous êtes mon soutien ... Je ne craindrai pas mille ennemis ... En Dieu est le salut. Votre bénédiction est sur votre peuple !
Ne nous décourageons jamais ... S'il nous arrive de nous endormir, au réveil n'en soyons pas découragés, mais au contraire pensons que ce réveil nous ne le devons qu'à la seule bonté de Dieu, que cette bonté qui nous a éveillés sans que nous le Lui demandions, nous secourra à plus forte raison maintenant si nous L'en prions ; elle nous a tendu la main, elle nous la tend encore ; elle est toujours là, veillant sur nous, prête à nous secourir ; le Seigneur est toujours dans la barque, le Bon Pasteur toujours près de sa brebis: « Vous avez frappé mes adversaires ... En Dieu est le salut. » ... Il est toujours là prêt à vaincre tous nos ennemis, prêt à nous sauver. - Donc courage, confiance ! … Mais en même temps prière : le psalmiste prie : « Levez-vous, Seigneur, sauvez-moi, mon Dieu ! » Confiance toujours, mais prière toujours ... Si bas que nous soyons tombés, nous pouvons nous relever et nous relever jusqu'au trône de Dieu, comme sainte Magdeleine, comme saint Paul, comme le bon larron, comme sainte Thaïs[1], et tant d'autres, mais pour cela prions, prions ; prions dans toutes les tentations, dans les difficultés, prions toujours ... « Levez-vous, Seigneur, sauvez-moi. » ... Prions souvent Dieu de Le prier dans la tentation : demandons-Lui cette grâce particulière de recourir à Lui, de crier à Lui dès que nous sommes tentés ; demandons-Lui de ne pas nous laisser absorber par la tentation au point d'oublier, dans la lutte, de L'appeler à notre secours, Lui de qui seul peut nous venir la victoire. Demandons-Lui bien cette grâce qui est de première importance, car le démon qui sait qu'« en Dieu est le salut : ... Il frappe nos adversaires et leur brise les dents » fait tout ce qu'il peut pour nous distraire, nous absorber, nous rendre muets et nous empêcher de l'appeler à notre secours.
 
NOTES PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[1] Sainte pénitente qui vivait en Égypte au IVème siècle.



 
 



PSAUME 4, 1-5
Action de grâce du soir


Psaume 4, 1-5.
1 Pour la fin, parmi les cantiques, psaume de David.
2 Lorsque je L’ai invoqué, le Dieu de ma justice m’a exaucé ; Vous m’avez mis au large
dans la tribulation. Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.
3 Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti ? Pourquoi aimez-
vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ?
4 Sachez donc que le Seigneur a merveilleusement glorifié Son Saint. Le Seigneur
m’exaucera quand j’aurai crié vers Lui.
5 Irritez-vous, mais ne péchez point. Ce que vous dites contre moi au fond de vos cœurs,
répétez-le avec componction sur vos couches.
Méditation du psaume 4, 1-5. Par saint Charles de Foucauld.
Que Vous êtes bon, mon Dieu, que vos psaumes sont divinement consolants. Dans tous
ceux que nous avons vus jusqu'ici, ce qui domine c'est la consolation : tous sont un mélange de
consolations et de conseils pour résister à la tentation ... Celui-ci est de même. « Quand je L'ai
invoqué, le Seigneur m'a exaucé : il m'a soulagé quand j'étais dans la tribulation. » C'est la
consolation : Dieu exauce, Dieu soulage, Il console, dilate les cœurs, met à l'aise ;
d'un regard Il fait cesser la tribulation ... Viennent les moyens maintenant : la prière d'abord : « Ayez pitié de moi ; exaucez ma prière. »
Puis la bonne volonté, le courage, la recherche de Dieu seul, ne plus s'attacher à
soi ni aux créatures qui ne sont que vanité, mais seulement à Dieu, qui seul est vérité : « jusqu'à quand
aurez-vous le cœur lourd ; pourquoi aimez-vous la vanité et cherchez-vous le mensonge? » Pourquoi
ce manque de courage ? Pourquoi vous rechercher vous-mêmes et rechercher les créatures ... La prière ... la pureté d'intention, faire tout en vue de Dieu seul, voilà deux moyens d'obtenir l'aide de Dieu dans les peines; en voici un troisième « Dieu a glorifié son Saint ;
Dieu m'exaucera quand je crierai vers son Saint, vers Jésus », les prières à Jésus, ou le prier par Jésus ; elles seront toujours exaucées toutes deux, comme l'Évangile nous le répète. Quatrième moyen : le repentir et les bonnes
résolutions ; s'irriter contre soi-même de ses fautes les repasser avec regret dans son âme, et n'en plus commettre ... Que c'est consolant ! D'abord l'assurance de la consolation, ensuite cette abondance de moyens pour l'obtenir. Que cela est doux !
Que vous êtes bon, mon Dieu d'avoir inspiré ces paroles.
Chacun de ces cinq versets contient une leçon, une chose à pratiquer: ayons confiance,
puisque Dieu daigne nous le dire avec tant de douceur - Prions - faisons tout en vue de Dieu seul sans aucune recherche de nous ou des créatures - prions Jésus et prions par Jésus,
au nom de Jésus - repentons-nous de nos offenses, demandons-en pardon, prenons de bonnes résolutions, ne
péchons plus, soyons fidèles, combattons nos moindres imperfections ; examinons notre
conscience et appliquons-nous à nous corriger. Et enfin il y a une sixième leçon qui ressort de ces cinq : c'est qu'il faut beaucoup lire les psaumes, beaucoup les méditer, puisqu'ils sont si riches en consolations et en enseignements.


NOTES PERSONNELLES







PSAUME 4, 6-fin.

6 Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. Beaucoup disent :
Qui nous fera voir le bonheur ?
7 La lumière de Votre visage est gravée sur nous, Seigneur ; Vous avez mis la joie dans
mon cœur.
8 Ils se sont multipliés par l’abondance de leur froment, de leur vin et de leur huile.
9 Et moi je dormirai et me reposerai en paix ;
10 parce que Vous, Seigneur, m’avez affermi dans une espérance singulière.
Méditation du psaume 4, 6-fin, par saint Charles de Foucauld.
Mon Dieu, que vous êtes bon, et comme Vous consolez vos pauvres créatures ! Y a-t-il
rien de plus consolant que ces derniers versets du psaume 4 ... Vous nous y rappelez les plus
grandes, les plus douces faveurs que Vous nous avez faites, votre incarnation, les sacrements et
puis vous ajoutez ces mots d'une douceur et d'une paix infinies sur lesquels vous finissez le
psaume ; « Dans la paix je m'endormirai et me reposerai. Car Vous m'avez, Seigneur,
profondément établi dans l'espérance. »
L’enseignement de ce psaume c'est l'espérance, la joie, la paix, le repos en Dieu.
L’espérance, car Dieu nous l’ordonne. « Espérez dans le Seigneur ... Vous m'avez singulièrement
établi dans l'espérance », et qu'il est bon de nous l'ordonner, car à la vue de sa justice et nos
offenses, oserions-nous espérer sans le précepte qu'il nous en fait. - La joie ... Hélas ! Souvent elle
nous paraît être bien loin de cette pauvre terre, bien incompatible avec nos âmes courbées sous
tant de péchés et de misères, avec nos âmes si fragiles, si pauvres, si souffrantes. Mais non, la
tristesse, certaines tristesses sont bonnes, viennent de Dieu - « beati qui lugent1 » - mais en même
temps la joie est là, joie immense. « Beaucoup disent: qui nous montrera des biens ? » ... Hélas,
oui, tout paraît source de douleur autour de nous et en nous. « La lumière de votre visage se
repose sur nous, Seigneur. Vous avez donné la joie à nos cœurs. » Oui, Jésus, la lumière de
votre visage nous éclaire, elle brille doucement sur nous ; et à cette vue quelle joie envahit nos
cœurs ! Vous êtes là : c'est le commencement du Ciel ... Vous êtes là, Fils de Dieu, parce que
Dieu est partout. Vous êtes là, Fils de l'homme, par votre Évangile, le souvenir de votre vie ...
Vous êtes là par votre sainte Eucharistie, et combien près de nous et combien en nous, et avec
quelle douceur et quel amour ... Vous êtes là par votre grâce toujours, toujours présente ... Vous
êtes là par votre amour qui ne nous abandonne jamais tant que nous vivons, qui nous pardonne
soixante-dix-sept fois sept fois et veut toujours notre salut, par votre amour qui nous chérit plus
que l'épouse la plus passionnée ne chérit son époux, plus que la mère la plus tendre ne chérit
son enfant. - La lumière de votre visage brille sur nous, Seigneur ; Vous nous avez donné la
joie ... Et pour que notre joie soit plus grande encore, pour mettre le comble à vos bienfaits et
nous confirmer dans l'espérance, Vous nous avez donné vos sacrements « par le fruit du
froment, du vin et de l'huile » ; la sainte Eucharistie d'abord, le bien des biens, Vous-même mon
Dieu ! La confirmation, l'Esprit Saint, l'ordre qui fait vos ministres, l'extrême onction qui fortifie
nos derniers moments … Vous n'avez rien oublié, mon Dieu, que Vous êtes bon ! Que nous
sommes bien munis ! Aussi il ne nous reste qu'à « nous endormir et nous reposer dans la paix:
car Vous m'avez, Seigneur, merveilleusement confirmé dans l'espérance » ... Cette paix, la paix
qui vient de l'espérance, cette paix qui ne compte que sur une chose : la miséricorde de Dieu, mais
qui y compte si absolument, que sur cette miséricorde, sur le Cœur de Jésus elle se repose et s'endort.
1 Bienheureux ceux qui pleurent.


NOTES PERSONNELLES

 

 
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"En Marche N°77"












 
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