PSAUME, 5 1-7


Prière matinale du juste aux prises avec ses ennemis


1 Pour la fin, pour celle qui obtient l’héritage, psaume de David.
2 Seigneur, prêtez l’oreille à mes paroles, * comprenez mon cri.
3 Soyez attentif à la voix de ma prière, * mon Roi et mon Dieu.
4 Car c’est Vous que je prierai, * Seigneur ; dès le matin Vous exaucerez ma voix.
5 Dès le matin je me tiendrai devant Vous, et je verrai * que Vous n’êtes pas un Dieu qui aime l’iniquité.
6 Le méchant n’habitera pas auprès de Vous, * et les injustes ne subsisteront point devant Vos yeux.
7 Vous haïssez tous ceux qui commettent l’iniquité ; * Vous perdrez tous ceux qui profèrent le mensonge. Le Seigneur aura en abomination l’homme sanguinaire et trompeur ;


Méditation du psaume 5,1-7. Par saint Charles de Foucauld.


Ps 5,1-7. - Mon Dieu que Vous êtes bon de nous apprendre à prier! Si souvent nous ne savons comment le faire! Si souvent nous avons besoin de dire comme les apôtres « Seigneur apprenez-nous à prier !»... Vous nous donnez dans vos psaumes, mon Dieu, tant d'exemples de prières ! Ce sont vos propres paroles, les gémissements inénarrables de l'Esprit Saint dans l'âme de David, des prières divines. Avec le Pater et vos prières rapportées par les Saints Évangiles ce sont les leçons de prière que vous nous donnez ! Que Vous êtes bon de nous les donner, de remédier à notre faiblesse, à notre sécheresse ! Et de nous les donner en telle abondance, et en les désignant Vous-même pour tel état d'âme ou tel moment du jour ! Quelle consolation, quel bien pour nous de pouvoir Vous prier avec vos propres paroles, d'une façon si parfaite, et parfaitement appropriées à notre état !

Ce psaume est le Psaume du matin. L’Église romaine le récite aux Laudes du lundi1. Les sept premiers versets se divisent d'une manière simple et remarquable : les trois premiers sont simplement des invocations : « Seigneur, je Vous prie, je Vous prie, je Vous prie, écoutez-moi, écoutez-moi. » Le quatrième indique l'heure pour laquelle est composé ce psaume. « Le matin je me tiendrai devant Vous, mon Dieu. » Les trois derniers sont une très forte exhortation à ne point commettre le mal : « Le matin je me tiendrai devant Vous, Seigneur, et que verrai-je ? Je verrai que Vous haïssez le péché ; que le méchant n'habitera pas auprès de Vous; que les injustes ne seront pas soufferts devant vos yeux ; Vous haïssez tous ceux qui font le mal, Vous maudissez les menteurs ; Vous avez horreur des sanguinaires et des perfides. » C'est donc ainsi que l'Esprit Saint veut que nous nous mettions dès le réveil en présence de Dieu : adorons-Le, supplions-Le de nous écouter, de nous faire prier Lui-même, de faire en nous notre prière pour qu'elle soit acceptable : que Jésus continue en nous sa Vie, qu'Il vive en nous et que nous ne vivions pas, que son règne arrive en nos

1 Selon l'ancienne répartition des psaumes.


âmes, qu'Il fasse nos pensées, nos paroles, nos actions, qu'Il prie en nous son Père : ... et puis, avec Lui, nous regarderons ce Père. Et que verrons-nous ? « Un Dieu qui hait le mal, qui a horreur du péché». Nous considérerons cette horreur du péché qui est le propre de la Sainteté divine : Père saint, disait Jésus ; Père saint, Père juste, ce sont les deux seuls noms que Jésus donne à son Père dans l'Évangile... Ce sera cette sainteté, cette abomination du péché qui se présentera la première à nos yeux quand le matin, nous nous tiendrons avec Jésus devant Dieu et que nous Le regarderons... Faisons ceci soigneusement et dans l'oraison qui suit notre réveil, après avoir adoré Dieu, contemplons-Le et « que voyons-nous? » Un Dieu qui a horreur de l'iniquité... Que ceci ait sa place dans notre oraison du matin, puisque le Saint-Esprit Lui-même nous indique cette grande et salutaire vérité et en même temps cette éblouissante beauté - la sainteté de Dieu, si redoutable aux vivants, si terrible aux pécheurs, si douce aux justes, pour commencer la journée et illuminer toutes nos pensées et nos actions jusqu'au soir... jusqu'au soir du jour et jusqu'au soir de la vie.

NOTES PERSONNELLES






PSAUME 5, 8-fin.


8 Mais moi, grâce à l’abondance de Votre miséricorde, J’entrerai dans Votre maison ; * j’adorerai dans Votre saint temple, pénétré de Votre crainte.
9 Seigneur, conduisez-moi dans Votre justice ; * à cause de mes ennemis, rendez droite ma voie en Votre présence.
10 Car la vérité n’est point dans leur bouche ; * leur coeur est vain.
11 Leur gosier est un sépulcre ouvert ; ils se sont servis de leurs langues pour tromper : * jugez-les, ô
Dieu ! Qu’ils échouent dans leurs desseins ; repoussez-les selon la multitude de leurs impiétés, * parce qu’ils Vous ont irrité, Seigneur.
12 Mais que tous ceux qui espèrent en Vous se réjouissent ; * ils seront éternellement dans l’allégresse, et Vous habiterez en eux. Et tous ceux qui aiment Votre Nom se glorifieront en Vous, *
13 parce que Vous bénirez le juste. Seigneur, Vous nous avez entourés de Votre amour * comme d’un bouclier.
Méditation du psaume 5, 8-fin, par saint Charles de Foucauld.
Comme ils sont encore consolants ces versets, mon Dieu, et que Vous êtes bon de les avoir inspirés à votre prophète pour notre consolation ! ... Vous avez voulu que ce psaume commençât par des images sévères : « Je me tiendrai devant Vous dès le matin, et que verrai-je ? - Un Dieu haïssant l’iniquité. » Avant tout, Vous nous inspirez la haine du mal, la crainte du péché, la crainte de vos jugements, la crainte de Vous offenser... Mais Vous ne voulez pas nous laisser sur cette seule impression... Après l'avoir en premier lieu profondément gravée dans nos coeurs, comme la première, la plus nécessaire, la plus salutaire, Vous nous faites faire un acte d'adoration et de confiance: « Je suis environné de la multitude de vos miséricordes. J'entrerai dans votre maison. Je Vous adore dans votre saint temple... » Et aussitôt après, Vous nous faites faire un acte de détestation du mal, de ce mal que nous venons de voir que Vous haïssez, et comme un acte de renoncement à Satan et à ses oeuvres. Enfin, dans les trois derniers versets, c'est l'expression tendre et filiale de la confiance en Dieu... C'est sur elle que Vous voulez que nous terminions notre prière du matin : « Tous ceux qui espèrent en Vous se réjouiront : ils seront éternellement bienheureux, et Vous habiterez en eux. Tous ceux qui Vous aiment seront glorifiés en Vous, car Vous bénissez le juste, Seigneur. Vous avez étendu sur nos têtes votre amour comme un bouclier. » Y a-t-il rien de plus doux, rien de plus consolant ? Dieu même, semble-t-il, n'aurait pu trouver un mot plus tendre que celui qu'Il a choisi pour terminer cette prière, et qu'avec sa bonté ineffable Il nous ordonne de lui dire : Vous avez étendu sur nos têtes votre amour comme un bouclier.
Faisons passer ces actes dans nos oraisons, dans nos prières commençons toujours par nous dire : je me tiendrai devant le Seigneur et que verrai-je ? - Un Dieu haïssant l'iniquité... et alors




demandons-Lui pardon de nos fautes grandes et moindres, et supplions-Le de n'en plus commettre aucune, pas même la moindre imperfection, puisque toute imperfection Lui déplaît, est une infidélité, un manque de ferveur, un manque d'amour, une tristesse pour son Coeur... Ensuite doit venir l'acte d'adoration : je Vous adorerai dans votre saint temple... C'est l'ordre que suit le prêtre à la messe... Et après l'acte d'adoration qui durera ce qu'Il plaira à Dieu de le faire durer, finissons par un acte de détestation du mal et de renoncement à tout ce qui n'est pas voulu de Dieu - et enfin jetons-nous sur le Coeur de Dieu: remercions-Le de son amour, disons-Lui que nous croyons, que tout pauvres que nous sommes nous voulons, nous espérons éviter toute imperfection, Le glorifier le plus possible, parce qu'Il a étendu son Amour sur nos têtes comme un bouclier - parce que nous pouvons tout en Celui qui nous fortifie. Finissons notre prière en nous rappelant sa bonté, son Coeur, ses miséricordes : c'est un acte de reconnaissance, de confiance en son Amour nécessaire, nécessaire parce qu'il est juste de le rendre à Dieu, nécessaire parce qu'Il nous donnera des forces pour combattre les tentations de la journée. - D'ailleurs puisque Dieu nous le fait faire dans ce psaume nous devons penser par-là même qu'Il est très bon de le faire.



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